Chair à vif, chair qui danse, chair monstrueuse, les peintures de Francis Bacon sont en ce moment exposées au Musée Georges Pompidou.

Attention au jour où vous voulez y aller ; perchée au sixième étage du bâtiment vous pouvez vous retrouver à attendre une bonne quarantaine de minutes. Il faut encore être patient, une fresque chronologique décrit la vie de l’artiste : né en Irlande d’un père éleveur de chevaux qui le renie pour son homosexualité, il s’installe à Londres, puis voyage à Paris, Berlin… Son inspiration naît de nombreux peintres et auteurs, comme Picasso, Rembrandt ou encore la poésie d’Eschyle qui le marqua fortement. Il commence ses premières toiles, seul, tout seul ; Francis Bacon est avant tout un autodidacte.
La fresque est finie, vous passez un portique et ses premiers tableaux vous tombent dessus. On y reconnaît le cubisme mais le style est plus « dégoulinant », quelque chose fuit, ses personnages sont distordus, on a l’impression que le corps humain se crée et se décompose à la fois.
L’exposition continue sur un long couloir avec plusieurs renfoncements, là s’y logent les triptyques de l’artiste. Trois tableaux de grand format, une lumière vive, des corps en bataille sur chacun d’eux. L’expérience est immersive, imposante, simple. Mais cela peut être aussi son défaut : très peu d’explications vous aident à comprendre la pensée de Bacon – comment est-ce que son œuvre a évolué – sauf un documentaire qui vous attend à la fin.
Ses autoportraits closent le tout. Des tableaux plus petits, plus intimes, qui révèlent une autre facette de l’artiste.

Exposition relativement rapide, l’expérience est à vivre.
Louis