9 octobre est sorti dans nos cinémas un film remuant le passé sombre de l’Algérie : Papicha​.
Réalisé par Mounia Meddour, réalisatrice franco-algérienne qui jusque-là s’exerçait à travers le documentaire, ​Papicha​ est une fiction “​librement inspirée de faits réels” ​. ​Ces faits réels remontent à la période noire du pays, période datant des années 1990-2000.

On suit Nedjma et ses trois amies de l’université (​ Lyna Khoudri, Shirine Boutella, AmiraHildaDouaoudaetZahraManelDoumandji)​ suivantdescoursdefrançaisdans une Alger placardée par l’autorité religieuse de l’époque.
Papichad​ anslelongmétrage(surnomdeNedjma,​Papichavoulantdire“jeune fille/coquette”) à​ un autre désir, elle veut devenir couturière.

C’est sur cette passion que repose le film.

Elle finit par vouloir montrer ses créations lors du défilé de fin d’année organisé dans son internat, en connaissant les risques : des règles strictes sur ​le vêtement féminin ​la freinent sans relâche et laissent le spectateur dans une angoisse constante.

Chaque jour on lui rappelle le port du ​hidjab​, les attentats qui sévissent dans chaque coins de rue, mais son désir la pousse toujours plus loin.
Instoppable, elle résiste à la radicalisation de la société algérienne.

Le long métrage s’ouvre sur Nedjma et Wassila sortant en boîte. Le duo fonctionne super bien, leur complicité nous embarque dès le début.
Scène légère, elle décrit une courte bouffée d’air que prennent les deux héroïnes dans cette société pervertie par l’ordre religieux. Il y en aura d’autres des moments innocents.
Mais le film décrit une réalité dure qui pose aujourd’hui problème au gouvernement algérien, ​qui s’est traduit par une interdiction de projection du long-métrage dans tout le pays.​ ​Aucune explication n’a été dévoilée pour l’instant.
Cela n’empêchera pas l’équipe de Mounia Meddour de se réjouir aux ​Oscars ​dans la catégorie du ​Meilleur film étranger, ​tout en ayant déjà​ ​obtenu plusieurs récompenses, notamment au Festival d’Angoulême.

La reconnaissance résidera surtout dans l’impact que ​Papicha ​aura dans son pays, aujourd’hui mouvementé avec la démission d’Abdelaziz Bouteflika et ​les prochaines élections présidentielles qui s’annoncent pour le 12 décembre 2019.
Mounia Meddour a touché la France en offrant le témoignage d’une époque jusque là méconnue du grand public, témoignage d’une résistance réelle, nous mettant ainsi face à notre propre désir de liberté et d’expression.

Louis

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